Quand les assurances résilient les contrats
Les assurances pertes de gain ne sont pas obligatoires et découlent du droit privé. Elles disposent donc du droit de résilier un contrat pour une entreprise qui leur coûte cher. Certains cas ont fait la une des journaux : des compagnies ont rompu des contrats et refusé de proposer de nouvelles offres. Des conséquences dommageables pour la sécurité psychologique des employé·es concerné·es.
De plus, les entreprises signalant beaucoup de cas de maladie prolongée peuvent subir de nettes hausses de primes. Et un employeur qui souscrit une assurance PGM peut difficilement changer de prestataire. Lors d’un appel d’offres, la prime de l’assureur concurrent est presque systématiquement supérieure à la prime actuelle.
La question des sinistres déjà en cours en cas de changement d’assurance pose aussi problème. Lorsqu’un nouvel assureur reprend un contrat à l’un de ses concurrents, il doit assumer le versement des indemnités journalières pour les cas déjà ouverts, en lieu et place de l’ancien assureur. Cela génère automatiquement des pertes d’entrée de jeu, tandis que l’ancien assureur s’en tire avec un gain de sortie.
Éviter les lacunes d’assurance
Ces questions préoccupent la branche. Selon la NZZ, la question de la responsabilité des sinistres en cours devrait être révisé en 2027. L’Association suisse des assurances (ASA) l’a en effet annoncé dans une conférence de presse début 2026. En outre, l’ASA réfléchit une solution de secours pour les entreprises qui, sans que cela soit de leur faute, ne trouvent plus d’assurance indemnités journalières.
Maladie professionnelle ou pas ?
Ces derniers faits démontrent que dans tous les cas, il est aussi dans l’intérêt des employeurs d’offrir un environnement de travail qui ne soit pas délétère pour la santé mentale. Dans le domaine des accidents, une prévention active a largement porté ses fruits. Il serait idéal s’il pouvait en être de même pour la lutte contre les maladies psychiques, bien que l’aspect multifactoriel des maladies complique la donne. Le burnout n’est en effet pas considéré comme une maladie professionnelle, car les événements de la vie privée jouent aussi un rôle en cas d’épuisement, d’anxiété ou de dépression.
Nous encourageons les entreprises à investir dans la prévention. Au risque de délivrer un point de vue pessimiste, les bouleversements actuels du monde du travail avec l’IA et la conjoncture économique incertaine sont aussi des facteurs de risque en matière d’absentéisme pour raisons psychiques.
Sources:
Nouvelle étude révèle les raisons des arrêts de travail pour raisons psychiques – SWICA
Psychische Erkrankungen: Krankheitsausfälle belasten Unternehmen und Versicherer