Des certificats médicaux suscepts

La grippe bat son plein cet hiver et de nombreux·ses employé·es consultent leur médecin traitant pour obtenir un arrêt de travail. Mais certains employeurs se méfient des certificats médicaux.

On entend en effet régulièrement parler de « certificats de complaisance ». Il s'agit de certificats accordés à la demande du/de la patient·e, alors qu’il/elle n’est pas réellement en incapacité de travail. Quelles sont les initiatives prises à ce sujet et quelle est la position des employé·es et des employeurs ?

Quand on est malade, on est malade, c'est évident. Pourtant, de nombreux·ses employé·es se sentent sous pression lorsqu'il s'agit de certificats médicaux. Le Conseil fédéral s'est penché sur cette question. Dans sa communication d'octobre 2025, il estime que les dispositions légales en matière de « certificats de complaisance » sont suffisantes pour lutter contre ce phénomène (Communiqué de presse du 15 octobre 2025). 

C'est une bonne nouvelle pour les employé·es. En effet, un certificat médical reste un instrument de protection important. Toute personne malade a le droit de se soigner sans être victime de méfiance, ni contrainte de se justifier. Et en cas de doute, il s’agirait alors de prouver qu'un médecin a sciemment menti, mais cela est pratiquement impossible dans la pratique.

Les experts en droit du travail mettent également en garde contre une suspicion généralisée.

Perspective des employés

Pierre Derivaz, avocat chez Angestellte Schweiz, souligne que de nouvelles réglementations impacteraient les mauvaises personnes :

« Si les certificats médicaux étaient systématiquement remis en question ou si de nouvelles règles plus strictes étaient introduites, cela toucherait principalement ceux qui sont vraiment malades.

Des règles plus strictes sont totalement injustifiées. De plus, les coûts des caisses d'assurance maladie pourraient augmenter si les certificats médicaux devenaient plus complets et plus détaillés. »

Pierre Derivaz avocat chez Angestellte Schweiz

Perspective employeur

Martina Guillod, responsable juridique et RH / membre de la direction élargie de l'Union patronale fribourgeoise, délivre un autre avis. Selon elle, la communication entre les trois devrait être améliorée et des règles plus strictes pourraient aider à la planification :

« L'employeur pourrait par exemple décrire plus précisément le poste occupé par le salarié et ses tâches. Il existe même un formulaire à cet effet. Le médecin pourrait alors mieux déterminer ce que le salarié est actuellement autorisé à faire et ce qui lui est impossible. »

Martina Guillod Responsable juridique et RH / membre de la direction élargie de l'Union patronale fribourgeoise

Cela ne vaut pas la peine pour une absence d'une semaine, mais pour des absences plus longues, nous pensons que ce serait une bonne chose. D'une part, cela serait bénéfique pour l'employeur, car il pourrait mieux planifier, et d'autre part, pour l'employé, car il reprendrait son travail de manière plus active. Plus les personnes restent éloignées du marché du travail, plus il leur est difficile de revenir. »

 

En cas d’arrêt maladie, il faut suivre la procédure correcte

Il est important que les employé·es respectent les étapes prévues : remettre les certificats médicaux dans les délais, rester honnête et chercher le dialogue en cas d'incertitude. Dans la grande majorité des cas, la collaboration entre les salarié·es, les médecins et les employeurs fonctionne sans problème.

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