Ce matin en vous levant, vous sentez votre gorge irritée, commencez à tousser et votre thermomètre affiche 38 de fièvre : impossible de vous rendre au travail, vous signalez votre absence à votre employeur. C’est le début d’une grippe qui vous cloue au lit deux semaines durant. Votre salaire à la fin du mois va-t-il en pâtir ?
Si votre entreprise dispose d’une assurance perte de gain maladie, les jours manqués seront payés à 80 ou 100% du salaire selon le contrat. Et si la grippe se prolonge -ou qu’une autre maladie survient-, les couvertures incluent une protection du salaire pouvant aller jusqu’à 730 jours.
Une assurance optionnelle
L’assurance perte de gain maladie est payée à part égale par les cotisations des employé·es (directement prélevées du salaire) et employeurs. Bien souvent, les personnes qui en ont toujours bénéficié ignorent que contrairement à la LAMal ou à l’assurance accident, elle n’est pas obligatoire dans notre pays.
Certains employeurs n’offrent donc pas cette protection à leur personnel. Et s’ils décident de souscrire un contrat, le choix des prestations est également adaptable. Pour faire baisser les primes, ils peuvent par exemple choisir une assurance qui n’intervient qu’à partir de 30 jours d’absence – auquel cas ils couvrent de leur poche ce délai d’attente.
En 2024, une motion déposée au Parlement fédéral a proposé de rendre une couverture, au moins minimum, obligatoire. Elle n’a pas été adoptée.
Les opposants ont justifié cette non-obligation par les arguments suivants :
- Une grande majorité des entreprises disposent déjà d’une telle assurance.
- Les problèmes spécifiques à certaines branches sont réglés par la partenariat social.
- Rendre la perte de gain maladie obligatoire ferait augmenter les primes.
- Une absence d’assurance encouragerait d’autant plus les entreprises à investir dans la prévention, pour éviter qu’elles se trouvent dans la position de devoir verser des salaires à des employé·es absent·es.
Cette dernière affirmation permet de rappeler le point suivant : sans assurance, les employeurs sont tout de même tenus de rémunérer leurs employé·es malades. Durant combien de temps ?
Malade et sans perte de gain : combien de temps suis-je payé ?
Si rien n’est spécifié, ni dans le contrat ni dans une éventuelle convention collective, cela dépend de la région et de l’ancienneté dans l’entreprise. Durant la première année de service, le salaire continue à être versé pendant 3 semaines. Cette durée s’allonge au fil de l’ancienneté. Elle atteint environ 6 mois après une vingtaine d’années de service, les détails variant de région en région selon trois grands systèmes : l’échelle de Berne, l’échelle de Bâle et l’échelle de Zürich.
A l’inverse des solutions d’assurance, dans lesquelles chaque nouvelle maladie – et certaines rechutes - font débuter le compteur à nouveau, le régime légal couvre en principe toutes les absences maladie dans une année de service.
Conséquences pour les employé·es
Pour toute personne active, il est désécurisant de savoir qu’en cas d’absence pour raisons de santé, les revenus ne sont assurés que pour un temps. À la pénibilité de la maladie s’ajoute alors l’insécurité financière. Et les alternatives, si l’on a écoulé le nombre de jours auxquels le salaire est garanti, ne sont pas nombreuses : l'inscription au chômage est seulement possible si l'on est en état de travailler, une personne encore en arrêt maladie n'est donc pas éligible, même si elle a cotisé.
La solution est alors, dans un premier temps, puiser dans ses économies, se faire aider par la famille ou si cela n'est pas possible, demander l’aide sociale. Ceci en attendant une décision de l’assurance-invalidité, si le dépot d'une demande est considéré comme justifié par le médecin. Dans tous les cas, les délais de l'AI jusqu'à décision peuvent facilement se prolonger jusqu'à 24 mois.
Maladie, licenciement et chômage
A-t-on le droit de licencier un collaborateur malade ? Oui, mais seulement après un certain délai de protection. Concernant les délais légaux, vous pouvez consulter notre article à ce sujet :