Le deuil dans le milieu professionnel
Mélanie a 42 ans et travaille comme ingénieure. Avec son mari, elle élève deux enfants. Comme beaucoup de familles en Suisse, ils ont organisé leur vie professionnelle et familiale de manière à pouvoir concilier travail et vie de famille.
Lorsque son mari décède de manière inattendue, la vie de la famille bascule du jour au lendemain. Outre le deuil, de nombreuses questions se posent : comment organiser le quotidien familial à l’avenir ? Les revenus seront-ils suffisants ? Quel soutien les assurances sociales offrent-elles ? Et comment continuer à concilier vie professionnelle et obligations familiales ?
L’histoire de Mélanie est fictive. Les défis auxquels sont confrontées les personnes veuves sont toutefois bien réels.
Le 23 juin, la Journée internationale des veuves est célébrée dans le monde entier. Elle attire l’attention sur la situation des personnes qui, après la perte de leur partenaire, sont confrontées à des défis majeurs, non seulement sur le plan émotionnel, mais souvent aussi sur le plan économique.
En Suisse, en cas de veuvage, les prestations de survivants de l’AVS, les prestations de la prévoyance professionnelle et, si nécessaire, les prestations complémentaires contribuent à atténuer les risques financiers. Néanmoins, la perte d’un partenaire peut modifier sensiblement la situation financière d’une famille.
La loi sur l’AVS se calque par ailleurs sur un modèle familial traditionnel où l’homme subvient aux besoins de la famille. Ainsi, durant longtemps, une rente de veuve était versée aux femmes tout au long de la vie ; une rente de veuf, uniquement jusqu’à la majorité des enfants. Cette inégalité de traitement a été relevé par la Cour européenne des droits de l’homme ; dès lors, les veufs disposent des mêmes droits en attendant la réforme profonde du système, dont les fondamentaux sont déjà discutés au Parlement :
La Journée internationale des veuves rappelle que malgré tout, selon les statistiques, les femmes sont les premières à réduire leur activité pour se consacrer à leur famille, ou à des tâches d’assistance. Ces interruptions de carrière ou le travail à temps partiel peuvent avoir des répercussions à long terme sur les revenus, les avoirs de prévoyance ou les droits à la retraite.
Ainsi, en ce jour, nous rappelons l’importance des conditions-cadres en matière de travail, de famille et de sécurité sociale. De bonnes assurances sociales, des salaires équitables et le soutien des employeurs à des mesures permettant de concilier vie professionnelle et responsabilités familiales contribuent à soutenir les personnes confrontées à des situations de vie difficiles.
Quelles que soient les solutions politiques concrètes retenues, l’objectif reste le même : les personnes qui subissent une lourde perte personnelle doivent pouvoir compter sur des systèmes de sécurité sociale fiables.