Reprendre la direction est un challenge ; sur quels éléments repose ta motivation ?
Tout d’abord, cette envie continue d’avoir un impact positif sur les gens qui en ont besoin. Et je suis attaché à Employés Suisse, à ses missions. L’autre aspect déterminant a été ma prise de conscience que le droit et sa mise en œuvre ont leurs limites. En traitant des cas individuels, j’ai réalisé que beaucoup de choses se réglaient plutôt dans le droit collectif. Et qu’au niveau collectif, le droit n’est pas l’unique réponse. Dans les licenciements collectifs, on se dit parfois que des mesures préventives auraient permis d’éviter beaucoup de dégâts, et c’est la même chose en cas de burnout, par exemple. Les interventions précoces, la sensibilisation en amont, c’est très important, et c’est là qu’il faut mettre l’accent.
Quel est d’après toi le grand défi actuel du monde du travail et par extension, des associations d’employé·es ?
Le plus grand défi de notre civilisation, c’est la crise climatique. Ses impacts sont incomparables. Bien sûr que l’IA et l’automatisation vont changer beaucoup de choses à l’avenir. Mais on peut y répondre avec des solutions qui ne nécessitent pas, selon moi, une remise en question profonde de nos modes de vie. Et en matière de développement durable, l’économie a un impact énorme, il faut donc que la durabilité soit intégrée au sein des entreprises. Cela implique d’affûter les connaissances des employé·es : ils ont besoin d’être guidés dans cette transition. Les autres thèmes que nous devons prioriser sont bien sûr l’IA, la prévoyance professionnelle et la santé psychique.
En parlant de santé psychique, quelles sont tes ressources personnelles pour faire face aux exigences d’un poste à responsabilité ?
Sans hésiter, ma famille. J’ai un fils de sept ans, passer du temps avec mes proches est une source d’enrichissement. Je pratique aussi le judo – le sport est un bon moyen d’évacuer la frustration.
En tant que nouveau directeur, quel message souhaites-tu donner à nos membres ?
Tout d’abord, merci de leur engagement ! Ils sont la raison d’exister de notre organisation. Qu’ils n’hésitent pas à nous contacter avec leurs demandes, idées et besoins. Nous sommes là justement pour y répondre.
Et pour terminer, aux personnes qui ne sont pas membres, ou peu convaincues par l’utilité des associations d’employé·es ?
Au regard de l’actualité, les incertitudes auxquelles les personnes actives sont confrontées sont réelles et palpables. Je suis convaincu qu’il existe un regain d’intérêt pour les organisations à vocation syndicale. Surtout si elles mobilisent leur capacité d’innovation pour s’adapter aux besoins actuels, ce que Stefan Studer a su faire de manière remarquable. Les employé·es naviguent dans un monde insécure, et notre mission répond à des besoins concrets : leur fournir un soutien, une boussole pour gérer leur carrière. Et les aider à affirmer leurs droits face à certains employeurs qui, de la vocation d’une entreprise, ne retiennent que l’aspect lucratif.