Semaine de quatre jours : un modèle idéal ?
Dans le monde du travail actuel, les professionnel·les évoquent souvent cette injonction paradoxale : faire plus avec moins. Moins de personnel, moins de temps et pourtant, des exigences de production à la hausse. De quoi expliquer l’épidémie de burnouts à laquelle notre société fait face ? Nous vous proposons de transformer ce standard.
La théorie du « moins, mais mieux » peut s’appliquer à tous les domaines de la vie : de nos méthodes de travail à la gestion du temps libre, la clé est de ne pas se surcharger, mais d’investir dans ce qui nous tient vraiment à cœur. En somme, remplacer l’obsession contemporaine des chiffres par une approche qui considère aussi la qualité et les résultats à long terme. Une nouvelle philosophie entre minimalisme, durabilité et pleine conscience.
Nos choix de vie sont illimités comparé au début du XXe siècle. Les gens sont mobiles, déménagent, se réorientent ; le modèle de la famille traditionnelle s’effrite ; les expériences sportives ou culturelles ne sont plus réservées à l’élite. Ces possibilités infinies mènent à la croyance que pour bien vivre, il faut être constamment en mouvement. L’hyper-connectivité permanente renforce cette impression : chacun·e partage sa vie trépidante sur les réseaux. Les journées doivent être optimisées, au point que l’on oublie parfois que non, un dimanche de soleil enneigé n’est pas une obligation à aller skier. Si l’on préfère la télévision aux files d’attente du télésiège, cela est certes moins glamour mais aussi permis.
Lors de périodes de stress professionnel, il devient plus probable de perdre pied si nos obligations privées ressemblent à une liste de tâches Outlook. D’autant que les conseils redondants pour prévenir l’épuisement (sport régulier, méditation, hobbys culturels et rencontres régulières entre amis) comportent eux-aussi des conséquences négatives. Ces activités pleines de bonnes intentions représentent en effet un investissement en termes de temps, voire provoquent de la culpabilité chez ceux et celles qui ne parviennent pas à s’y tenir.
Cette culpabilité est souvent évoquée par les femmes qui combinent carrière et charge familiale : les exigences sociales en termes d’éducation ne s’ajustent pas à leur nouvelle réalité. Si l’on s’oblige à aller trois fois par semaine au fitness, faire ses biscuits soi-même et conduire les enfants à des cours d’anglais, le rythme devient rapidement insoutenable. Dans ces situations, il semble préférable de faire des choix… même si certains impliquent une part de renoncement.
En contrepoids à ces paradigmes, la tendance au minimalisme commence à émerger, sur la base d’arguments écologiques. Acheter moins mais mieux, cultiver les plaisirs simples, consommer local… Cela a des bénéfices pour la planète et l’esprit. En apprenant à faire le vide -dans ses armoires ou dans son agenda- on se décharge d’une certaine hyperactivité mentale qui augmente la production de cortisol, l’hormone du stress. Ranger, trier, jeter ou donner des objets réduit le désordre visuel et mental. Dans une pièce minimaliste, la sensation de renouveau et d’espace favorise la créativité, les nouvelles idées et un sentiment de liberté, comme devant une page blanche où tout est à écrire - idéal pour commencer une nouvelle année.