Les pièges de la recherche d'apprentissage
Les PME sont un pilier de notre économie. L'étude d'AXA 2026 est un indicateur intéressant pour cerner - ou confirmer - les défis du marché du travail suisse. Ce que nous en retenons : malgré la montée du chômage, la pénurie de main d’œuvre reste actuelle. Les bouleversements géopolitiques et les absences pour santé mentale sont les deux autres principaux sujets d’inquiétude. Qu’en retenir en tant que salarié·e ?
L’un des résultats centraux de l’étude est que la pénurie de personnel reste un défi majeur pour les PME. Dans les services, les entreprises recherchent souvent des profils qui possèdent des compétences techniques affinées (numérique, analyse de données). On valorise donc les spécialisations.
Dans la production, la situation est encore plus favorable aux personnes qui souhaitent entrer ou évoluer dans le secteur. Les entreprises souffrent ici d’un manque général de candidat·es, indépendamment de la qualification. En 2026, 65 % des PME industrielles disent avoir de la peine à pourvoir leurs postes, contre 45 % en 2022. Cette difficulté persiste alors même que le chômage en Suisse est remonté, passant de 1,9 % en 2023 à 3,1 % en mars 2026.
Pour les personnes qui possèdent les compétences recherchées, il s’agit d’opportunités. Le défi consiste surtout à faire correspondre son expérience, sa formation et ses envies avec les besoins concrets des employeurs.
Un tiers des PME pensent qu’elles engageront moins de diplômées et diplômés du supérieur dans les cinq prochaines années, tandis que 15 % prévoient d’en recruter davantage. Les profils académiques restent donc utiles, mais le marché accorde une place croissante aux compétences directement applicables sur le terrain. Près de deux tiers des PME, soit 63 %, recommanderaient plutôt la voie de l’apprentissage à des jeunes qui souhaitent maximiser leurs chances sur le marché du travail.
Ce constat confirme l’importance de vous former tout au long de la vie et accumuler de l’expérience. L’étude souligne aussi que, pour plus des deux tiers des PME, un titre universitaire n’est pas indispensable pour accéder à une fonction de direction.
Sur le plan économique, 43 % des PME jugent la situation de leur branche incertaine. Elles s’inquiètent des droits de douane, de la concurrence étrangère, des taux de change et des dépendances internationales. L’IA et la transformation numérique ont aussi été citées.
Les PME les plus exposées à l’international ont déjà diversifié leur offre, leurs marchés ou leurs fournisseurs, et certaines ont augmenté leurs stocks. Pour les employé·es, ces transformations peuvent créer de nouveaux rôles, de nouvelles tâches et des besoins en compétences. Un esprit agile est nécessaire pour performer dans ce contexte.
86 % des PME estiment toutefois probable que leur entreprise existe encore dans dix ans. Ce chiffre traduit une confiance forte dans leur avenir et dans la solidité de notre tissu économique.
Les PME suisses estiment que la Suisse et la Chine vont gagner en importance économique dans les cinq prochaines années. La Suisse reste considérée comme un site économique solide et innovant. La Chine est également bien évaluée, notamment dans le domaine de l’innovation. À l’inverse, les États-Unis sont perçus comme un perdant relatif. Une majorité des PME se disent préoccupées par leur dépendance à des solutions informatiques américaines, notamment dans le cloud.
74% des entreprises sondées disent tester ou utiliser l’IA de manière consciente, contre 26 % qui n’y recourent pas. Elle est surtout utilisée pour les traductions ou la rédaction. Les usages progressent aussi dans l’optimisation des processus et l’analyse de données.
Bonne nouvelle pour les salarié·es : seule une minorité des PME prévoit des réductions de postes à cause de l’IA. La majorité y voit plutôt une manière de mieux utiliser les ressources existantes, ou déléguer certaines tâches répétitives au profit d’activités qui demandent du jugement et du contact humain. Pour les personnes concernées, le principal enjeu consiste donc à apprendre à travailler avec ces outils et à en faire un soutien pour leur activité.
L’étude souligne enfin une préoccupation croissante autour des absences et de leurs coûts. 42 % des PME disent que les coûts liés aux absences ont augmenté au cours des cinq dernières années. Les absences pour raisons psychiques progressent.
Le principe de management le plus valorisé par les PME est celui de la liberté et de la responsabilité individuelle. les entreprises accordant une place importante à la responsabilité individuelle déclarent moins d’absences liées à des troubles psychiques. Ceci est compréhensible, pour autant que cette autonomie s’accompagne d’une charge de travail supportable, et de clarté en matière d’attentes. En principe, une telle culture d’entreprise offre plus de liberté en matière de flexibilité des horaires, organisation personnelle du travail ou travail à distance.
La prévention en matière de santé mentale n'est toutefois pas une priorité. Si 66 % des PME reconnaissent que la santé mentale concerne aussi le management, les mesures concrètes restent limitées. Nous vous recommander ainsi d’aborder ces sujets activement avec votre hiérarchie et de faire connaître vos besoins lorsque la charge ou l’organisation deviennent difficiles.