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Centre de compétences et de prestations

Nettoie toujours tes dents avant de respirer dans un masque de protection

Jeudi, 07. Mai 2020
Leçons de ma deuxième semaine à la protection civile

 

Notre avocat, Pierre Derivaz, est régulièrement en service de protection civile en raison de la crise Covid-19. Dans cet article, il donne un aperçu de ses aventures comme gardien d’un centre de dépistage du coronavirus et se rend compte que même loin du bureau, il ne peut pas échapper à des questions juridiques.

Chapitre 1 : Où je découvre la vie de superhéros

Lundi matin, 07h15. Je reçois ma mission : me tenir à l’entrée d’un centre de dépistage du coronavirus, y distribuer du désinfectant et des masques de protection, aider les visiteurs à trouver où ils doivent se diriger ou attendre. La tâche peut sembler banale. En tant qu’avocat, je ne suis en outre pas habitué à jouer un rôle principalement muet, en t-shirt orange et pantalons sans forme kaki. C’est toutefois un travail que j’accepte volontiers.

Le matin, lorsque j’enfile mon uniforme et mon masque, j’ai l’impression d’être un superhéros. Mais lequel ? Aquaman porte un costume orange et vert. Ceci dit, son superpouvoir est de savoir parler avec les poissons, ce qui ne me motive que moyennement. Je préfère me comparer à Clark Kent. Lui aussi travaille d’ordinaire beaucoup devant un ordinateur et il a – contrairement à Batman – un grand respect pour la justice et les institutions. Mais peut-être suis-je plutôt comme Ant-Man, l’homme fourmi. Même si les patients du centre ne remarquent pas toujours ma présence, je suis là pour eux.

A ma grande surprise, la plupart des visiteurs ont l’air plutôt calmes. Ce ne doit cependant pas être facile d’être confronté à un soupçon de contamination au Covid-19. La bouche masquée, j’essaie d’exprimer autant de gentillesse, de confiance et de professionnalisme que possible à travers mon regard et mon langage corporel. C’est ce que j’espérerais voir si je faisais partie des patients.

Chapitre 2 : Dans 87% des cas, attendre le coronavirus est comme attendre Godot

Le temps dure parfois longtemps. Lors de ma deuxième semaine de service, peu de visiteurs se présentent. J’accepte le léger bore-out en toute bonne conscience. Il signifie a priori que les mesures de lutte contre la propagation du virus sont efficaces. En outre, je découvre un nouveau sentiment de fierté la première fois que j’arrive à bailler sans perdre mon masque.

La mission est surtout difficile quand on est confronté à des patients ayant des difficultés respiratoires. Leur démarche lente et les nombreuses pauses sont impressionnantes. Cela n’arrive toutefois qu’une à deux fois par semaine. Selon un communiqué de l’OFSP du 29 avril 2020, le soupçon de Covid-19 ne se confirme que dans 13% environ des tests. En d’autres termes, la majorité des gens que je vois n’est pas infectée.   

Un exemple : Alors que je suis en service, un patient se présente, car il a eu des difficultés à respirer pendant toute la nuit. Comme si quelqu’un était assis sur sa poitrine. A peine a-t-il pénétré dans le centre de dépistage, qu’une ambulance est appelée. Ce patient a de la chance dans son malheur. Le personnel médical a immédiatement compris qu’il n’était pas victime du coronavirus mais d’un malaise cardiaque. Le médecin qui l’a accueilli au centre était même cardiologue.

Chapitre 3 : Le spectre du droit du travail me poursuit

A l’entrée du centre, un panneau indique : « Les patients sans symptômes ne sont pas testés » (vous trouvez plus d’information sur les directives de l’OFSP à ce sujet ici). Nonobstant cette consigne, deux visiteurs différents m’expliquent que leurs patrons respectifs réclament la « preuve » qu’ils ne sont pas contaminés (càd un test négatif), même s’ils sont asymptomatiques.

Je leurs tends du désinfectant tout en pensant aux problèmes juridiques que cela pose. L’employeur peut-il exiger un tel test ? En principe non, mais il convient d’examiner les critères de nécessité et de proportionnalité d’une telle mesure dans chaque cas concret. Qui supporte les frais ? L’employeur et en tout cas pas ma caisse maladie, car je ne compte pas payer des primes sans cesse plus hautes pour offrir des subventions croisées aux entreprises. Le temps nécessaire au test représente en outre du temps de travail. L’employé a-t-il le droit au paiement du salaire, si le centre refuse d’effectuer le test ? Oui, et on lui recommandera dans un tel cas d’offrir sa prestation expressément avec la nouvelle que le test ne peut pas être effectué.

A haute voix, c’est d’une autre problématique dont je m’entretiens avec les deux employés. Leur employeur se rend-il compte qu’un résultat de test négatif n’exclut pas une infection ? Sait-il que, dans la mesure où les résultats ne sont disponibles que quelques jours après le test, ils risquent souvent de ne plus être actuels ? Oui, répondent tous deux. Ne serait-il dès lors pas plus adéquat de s’appuyer sur les critères d’auto-isolement et d’auto-quarantaine tels que l’apparition de symptômes ? Peut-être, répondent tous deux. Mais comme le dit l’un des protagonistes du Pont des Espions, le film de Steven Spielberg : « Parfois le patron a raison, parfois il a tort… il n’en reste pas moins le patron » (le film se déroule dans les années soixante).

Entretemps, les mains des deux visiteurs sont stériles. En tant que membre de la protection civile, je représente l’Etat. Je me comporte donc de manière neutre et résiste à la tentation de leur tendre ma carte de visite. Au fond de moi, j’espère qu’ils ont une bonne association d’employés à leurs côtés. Une association comme Employés Suisse.

Pierre Derivaz, avocat chez Employés Suisse

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