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Enquête 2005/2006 des Employés Suisse sur les salaires : Les salaires s'effritent à la périphérie

Lundi, 28. Août 2006

Selon la dernière enquête sur les salaires réalisée par les Employés Suisse, les salaires de la branche Industrie des machines, des équipements électriques et des métaux (MEM) restent élevés comparés à d'autres secteurs.

Le sondage des Employés Suisse sur les salaires fait état d'une longue tradition. Cette année, il fournit non seulement des chiffres pour la branche de l'industrie des machines, des équipements électriques et des métaux (MEM), mais il présente également des résultats pour la branche Chimie/Pharmacie. En 2006, comme lors du dernier sondage, l'enquête a été effectuée en collaboration avec l'institut de sondage d'opinion DemoSCOPE.

Toutefois, la situation est inquiétante pour les employés les plus jeunes et les plus âgés dont les revenus s'effritent. La Chimie/Pharmacie, quant à elle, verse des salaires encore plus élevés et les employés profitent de prestations supplémentaires intéressantes. Par ailleurs, l'écart entre les salaires des hommes et des femmes perdure, même si la fourchette est moins importante dans le secteur Chimie/Pharmacie que dans l'industrie MEM. L'enquête a par contre également révélé que les membres des Employés Suisse étaient bien qualifiés et qu'ils touchaient un salaire approprié.

Entre 1957 et 2000, l'enquête sur les salaires a eu lieu tous les cinq ans et depuis l'an 2000, elle est faite tous les trois ans. Cette année, 2581 formulaires remplis ont pu être analysés. Comme les sondages se passent de la même manière depuis des années, il est possible de suivre de près l'évolution des salaires des membres. Pour la première fois cette année, les salaires de 2005 et de 2006 ont servi de base aux analyses. Ils permettent ainsi de comparer les chiffres avec ceux des années précédentes tout en présentant l'évolution actuelle.

 

Des salaires moyens respectables

D'après l'enquête réalisée par les Employés Suisse aux mois de mai et juin 2006 dans l'industrie des machines, des équipements électriques et des métaux, un employé touche un salaire de base moyen de 7 577 francs bruts par mois: un montant relativement élevé même en Suisse.

Etabli sur la base des membres des Employés Suisse actifs dans l'industrie des machines, des équipements électriques et des métaux, ce salaire moyen relativement élevé est dû d'une part au fait que la branche est restée forte malgré tout et qu'elle propose de nombreux emplois bien rémunérés. D'autre part, ce résultat reflète la structure de l'association. Deux tiers des employés ayant participé à l'enquête sont des spécialistes professionnels et des cadres. Ils gagnent en moyenne 9 769 francs par mois (cadres moyens et supérieurs), 8 307 francs (cadres inférieurs) ou 7 700 francs (spécialistes), soit bien plus que les autres employés qui touchent en moyenne 6 231 francs par mois.

 

Régression des salaires pour les jeunes et les vieux

Les premiers signes d'une décomposition sociodémographique de la structure salariale ont paru il y a trois ans déjà, lors du dernier sondage sur les salaires. Dans le groupe d'âge inférieur (celui des personnes âgées de 30 ans et moins), les salaires n'ont pas seulement stagné, ils ont même légèrement régressé au cours des six dernières années. Il semble que les salaires des jeunes gens qui entrent sur le marché du travail après leur formation aient été corrigés à la baisse.

Parmi les collaborateurs les plus âgés (de plus de 56 ans), plus de la moitié n'a pas pu améliorer son salaire entre l'année passée et l'année en cours, voire a dû accepter une régression. Le revenu moyen du groupe des personnes en âge de préretraite est même inférieur à celui du groupe d'âge suivant.

Avec 5 962 francs, les salaires mensuels des femmes dans l'industrie MEM sont toujours bien inférieurs à ceux des hommes (7 750 francs). Cela est dû essentiellement à la structure. Près de deux tiers des femmes n'ont pas de fonction de direction ou de spécialiste, alors que seul un quart des hommes est dans cette situation. Toutefois, pendant la période analysée, les femmes ont rattrapé légèrement leur retard. Leurs salaires ont augmenté davantage (+13,6%) au cours des six dernières années que ceux des hommes (+10,7%).

 

La formation est lucrative

Il est intéressant de voir qu'au cours des six dernières années les salaires de la branche des machines se sont harmonisés et non dissociés. Les revenus des emplois bien dotés occupés par les diplômés des hautes écoles (professionnelles) ont augmenté moins vite que ceux des collaborateurs avec une formation professionnelle.

Les différences toutefois restent bien visibles: plus le niveau d'éducation est élevé, plus le salaire est important. Le simple fait de disposer d'un CFC avec une formation supplémentaire en sus peut rapporter 1000 francs de plus par mois. Celui qui a passé son diplôme dans une haute école spécialisé peut compter avec 2000 francs de plus. Et un diplôme d'une haute école rapporte encore une fois 500 francs. La formation est lucrative, au sens le plus strict du terme!

 

La chimie paie (encore) mieux

Ce qui est valable pour les collaborateurs de l'industrie des machines l'est encore plus pour ceux de la branche Chimie/Pharmacie: le salaire de base de 105 000 francs en moyenne que touchent les 563 personnes ayant participé au sondage des Employés Suisse dans la branche est bien supérieur à la moyenne de la population active en Suisse et se situe à 6,6% au-dessus du salaire moyen de l'industrie des machines. Entre l'année 2005 et l'année 2006, les employés ont pu même améliorer leur salaire de 1,7% en moyenne.

La branche Chimie/Pharmacie fait partie des secteurs traditionnels qui versent de bons salaires. De plus, trois quarts des personnes ayant répondu aux questions de l'enquête travaillent dans des grandes entreprises comptant plus de 500 employés, et les salaires qu'elles paient sont généralement supérieurs à ceux des sociétés plus petites. Par ailleurs, les cadres et des spécialistes techniques représentent 75%, ce qui constitue un pourcentage particulièrement important.

Cette branche également reflète les lois économiques inévitables: les cadres et les spéciales touchent plus que les collaborateurs sans fonction de direction ou sans spécialisation. Ici aussi, la formation est lucrative. Toutefois, cette branche présente un facteur réjouissant: les différences entre les sexes sont bien moins importantes que dans d'autres branches. Les femmes gagnent en moyenne 88% d'un salaire masculin. A titre de comparaison: dans l'industrie des machines, on en est à 77% seulement.

 

Prestations complémentaires intéressantes

Les employés de la branche Chimie/Pharmacie n'ont pas seulement une position confortable en matière de salaire quand on les compare à d'autres salariés, mais ils profitent également de prestations supplémentaires intéressantes. La part variable moyenne du salaire s'élève à 5 300 francs par an, soit 5% du revenu global (MEM: 1 800 francs ou 1,8%). Ce dédommagement est en général versé sous forme de primes et de bonus. Une nette majorité (70%) des employés y a droit. La part des collaborateurs sans fonction de direction ne passe pas en dessous des 61%, peut atteindre les 76% chez les cadres moyens et supérieurs, voir 78% chez les cadres inférieurs. Toutefois, les montants versés varient fortement d'une position à l'autre.

Dans ce secteur, la détention d'actions ou d'options de sa "propre" entreprise est un phénomène beaucoup plus répandu que dans d'autres branches, et ce à tous les niveaux hiérarchiques.

 

Les Employés Suisse se réjouissent et s'inquiètent des résultats

Les Employés Suisse se réjouissent que leurs membres soient bien qualifiés et qu'ils touchent un salaire approprié, aussi bien dans la branche MEM que dans la chimie. Ils se sont toujours fait l'avocat de salaires transparents, corrects et conformes au marché, et leurs membres touchent en majorité ce type de salaire. Il est certain que l'enquête sur les salaires, que les Employés Suisse réalisent depuis 70 ans maintenant, y a également contribué.

Pour les Employés Suisse, la situation est préoccupante dans le secteur des salaires des groupes d'employés les plus jeunes et les plus âgés qui subissent une pression grandissante. Les Employés Suisse comprennent bien que les salaires n'augmentent plus aussi rapidement quelques années avant la retraite, mais à une condition: les collaborateurs concernés doivent également pouvoir déléguer de plus en plus les responsabilités et être libérés de tâches astreignantes. Toutefois, le salaire ne doit être adapté à la baisse que dans la mesure où la réduction correspond à une baisse de la responsabilité, ce qui revient à un déclassement.

Un aspect moins réjouissant est le fait que les salaires des employés de moins de 30 ans ont légèrement régressé. Les entreprises semblent donc avoir réduit les salaires des personnes arrivant sur le marché du travail. Pour quelle raison? Est-ce que les entreprises engagent les nouveaux diplômés des hautes écoles pour des postes de stagiaires comme c'est le cas dans d'autres pays et leur versent un bas salaire correspondant? Les Employés Suisse n'apprécieraient pas cette situation, car les personnes concernées devraient alors attendre encore plus longtemps avant de toucher un revenu convenable.

Les Employés Suisse se réjouissent que les salaires des femmes aient légèrement comblé leur retard sur ceux des hommes au cours des dernières années, mais ils ne sont pas satisfaits. L'écart de près de 1800 francs entre les deux reste trop important. Et en rejeter la raison sur le contexte structurel n'est pas un argument pour ne rien faire. Au contraire: dans l'industrie MEM en particulier, il faut multiplier les efforts et promouvoir les femmes de telle sorte qu'elles puissent également occuper des postes de direction et de spécialisation. Pour y parvenir, il faut augmenter le nombre des postes de cadre à temps partiel, des crèches et garderies, rendre les heures de travail plus conviviales pour la famille, et proposer des plans de carrière spécifiques aux femmes. L'industrie chimique a mieux progressé en termes d'égalité des salaires. Il sera intéressant de voir comment les revenus des femmes continueront à évoluer dans les deux branches.

Comme les deux branches versent de bons salaires de base, les Employés Suisse considèrent qu'un système salarial correct, basé sur le succès et/ou la performance, peut apporter des avantages. Cela présuppose néanmoins un système d'évaluation et de définition des objectifs clair et transparent, compris et accepté du personnel, mais surtout des supérieurs. Selon notre enquête, la part variable du salaire s'élève à 5% environ dans la branche chimique. Pour les Employés Suisse, ce pourcentage est raisonnable. Il ne devrait toutefois pas augmenter davantage, car les travailleurs doivent pouvoir compter sur un salaire qui ne subit pas de variations extrêmes.

Dans tous les cas, les Employés Suisse suivront de près l'évolution des salaires et l'application des systèmes salariaux. L'enquête sur les salaires servira ici d'outil indispensable.

 

Contact:

Vital G. Stutz, directeur Employés Suisse, Tél. 044 360 11 11, portable 079 639 73 03

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